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Hommages 2019 - Discours de Martin CHAPELLE

 

Discours de la jeunesse par

Martin Chapelle

Cérémonie au cimetière militaire français de la Belle Motte

Dimanche 18 Août 2019

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Mesdames, Messieurs les Bourgmestres et mandataires fédéraux, régionaux et locaux,

Madame, Monsieur les Représentants des Ambassades de France et d’Allemagne,

Mesdames, Messieurs les Officiers, Sous-Officiers, Soldats et membres d’amicales militaires,

Mesdames, Messieurs les Représentants d’Associations patriotique, dévoués au devoir de la mémoire,

Chers Amis,

 

Avant d’entamer mon propos, je tiens à saluer avec vous, la mémoire de Pierre Godenne, Président du Comité Royal du Souvenir, décédé le 5 mars dernier, frappé tragiquement par un arrêt cardiaque. Nous retiendrons de lui son sourire constant, son amitié, sa sympathie et son esprit de partage. Nul doute que chaque année, à chaque commémoration, son souvenir revivra en nos esprits.

Le ciel d’été nous environne, comme il devait le faire il y a plus de cent ans. Les collines et le plateau, la vallée qui nous relie à la Sambre, la route vers Aiseau, Le Roux, Falisolle est verdoyante, comme elle devait l’être avant le début des combats et seules les blessures récentes  des carrières toutes proches nous rappellent aujourd’hui que la violence faite à la nature nous prive de beaucoup de nous-mêmes.

Ce ciel, ces champs, ces bois sont des survivants. Ils se sont reconstruits de façon plus rapide que les champs de bataille de la Marne, de la Somme  ou de Verdun, parce que dans ce malheur de la guerre, ce qui s’est passé ici en août 1914, n’était pas encore la guerre des tranchées et des paysages lunaires, creusés de mille cratères, dévastés.

Pourtant, l’homme y a payé le prix fort. Cette guerre en bord et sur les hauteurs de la Sambre a vu des milliers de soldats avalés par la force mécanique et les nouveaux moyens de porter la mort que les soldats avaient apportés dans leurs bagages.  Elle a vu aussi des civils, par centaines et milliers torturés, assassinés. Des familles entières dont les hommes, adultes ou enfants, ont disparu, des générations anéanties, des noms effacés.

J’avais envie de vous dire, en tant que jeune adolescent, combien je suis triste de ces familles détruites, de ces enfants qui n’ont pu venir au jour parce que les pères avaient été tués avant même de leur transmettre la vie. J’ai peur de ces puissants, qui au lieu de réfléchir, se limitent à compter, qui au lieu de résoudre un problème, le suppriment. J’ai peur de cette horreur que l’on appelle la guerre et j’aime cette phrase qui dit que la violence est le dernier refuge de la bêtise. 

Je voulais aussi vous dire que ce moment est important pour moi, avec mon grand-père Daniel Tilmant comme guide dans le Relais de la Mémoire, qui depuis plus de 40 années, lutte toujours pour que le souvenir ne se perde pas, ici à la Belle-Motte. Jamais la lumière ne doit s’éteindre sur ces événements, sur ces personnes sacrifiées. Important pour moi qui ai choisi de fleurir une tombe d’un soldat français, ici.

L’école nous apprend des événements, nous donne des exemples, nous fait penser à ce qui s’est passé. Mais qui peut nous faire ressentir la détresse, la peur, l’horreur vécue par les populations pendant que les industriels faisaient leur fortune des tonnes d’acier transformées en canon et que les généraux préféraient continuer le combat pour se glorifier du courage de leur troupe ?

Alors, il faut être le relais de la mémoire.

La mémoire, c’est simple. C’est le souvenir de ce grand qui harcèle, frappe ou vole les plus petits dans une cour de récréation, c’est le souvenir du profiteur qui continue à faire travailler pour une misère des familles entières à qui on a volé leurs terres, leurs moyens de vivre.

Le Comité Royal du Souvenir de Le Roux et ses compagnons, le Souvenir Français, les Associations patriotiques qui s’unissent pour devenir aussi des veilleurs, des éveilleurs de conscience et des Soldats de la Mémoire seront les artisans de la paix de demain, si on respecte la mémoire et si on la porte soi-même et avec les autres.

Du haut de mes 13 ans, j’attache énormément d’importance à ces soldats qui se sont levés un matin sans même savoir ce qui les attendaient le lendemain, à ces soldats qui se sont battus pour nous,  à ces soldats qui ont perdus la vie.

Mais dans une cour de récréation lorsqu’on commence à parler de 14-18 ou de 40-45, on me dit que ce n’est pas grave, que ce n’est que du passé et puis qu’on s’en fiche. Mais moi, je préfère me souvenir de tous ces soldats qui sont tombés pour que nous restions belges et français.

C’est un historien, Monsieur Stéphany, qui dans son livre « Ardennes 44 » dit le mieux ce que je voudrais avec vous pour demain, je cite : «  (…) Des vieux se rappellent le débarquement à Werbomont le 18 décembre 1944 des premiers paras américains, et ils l’ont raconté à leurs enfants qui le racontent à leur tour. »  (…) Pendant les combats, un soldat se cacha derrière un arbre pour éviter les balles.  A l’aube, le village repris, il vit qu’il ne restait de l’arbre que des morceaux. Il revint à Chéneux en 1984, il voulut revoir la prairie. L’arbre était encore là.  Il avait reverdi. » Fin de citation.

J’ai envie d’être celui qui entretient l’arbre, qui l’aide à reverdir, mais nous devons le faire ensemble.

Alors, je voudrais tous vous remercier d’être présents en ce jour de commémoration, ce qui prouve que j’ai raison de vouloir se souvenir. Merci à mon papy, à mon papa et surtout à vous, à vous qui avez les clés du monde. Nous qui essayons d’y vivre, à nous de garder la mémoire intacte.

Le Comité Royal du Souvenir de Le Roux tire ses racines centenaires d’une vie communautaire et d’amitié de tous pour chacun, face aux ruines de la guerre. Il a fait naître une nouvelle communauté et vous rassemble chaque année, un dimanche du mois d’août, pour se souvenir et manifester son respect à ceux qui auraient pu être leurs anciens.

Merci à eux, merci  à vous et à tous les jeunes, rejoignez moi, rejoignez-nous. C’est hier que ça commence !

Merci de m’avoir écouté.

Martin Chapelle

 


Date de création : 23/08/2019 @ 12:13
Dernière modification : 07/09/2019 @ 10:20
Catégorie : Hommages 2019

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