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Hommages 2016 - Discours de Daniel TILMANT

102e anniversaire des Combats de la Sambre – Dimanche 21 août 2016

Discours de Daniel Tilmant

Administrateur-délégué du Comité Royal du Souvenir de Le Roux

Square des Zouaves – Le Roux

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Monsieur le Bourgmestre,

Monsieur le Gouverneur,

Monsieur le Député,

Mesdames, Messieurs les Echevins et Conseillers communaux,

Messieurs les Représentants des ministres de la Défense française et belge,

Messieurs les Colonels, Commandants les Etat-Major des Provinces de Namur et de Hainaut,

Mesdames, Messieurs les représentants des Corps Constitués et diplomatiques,

Mesdames, Messieurs en vos titres, grades et qualité,

Chers Amis, proches ou lointains, Amis de France, d’Allemagne et de notre Royaume,

Parents, Passeurs de Mémoire,

A vous toutes et tous, Merci…

 

Merci d’être là, d’être dans l’instant et l’histoire, en fabuleux voyage.

Ici, malgré les lumières du mois d’août 1914, pour les soldats et les civils, ce fut marée de cendre, de poudre et d’effroi.

Ici, après les lourdes journées de combats, ce fut le silence de l’été, des saisons et des vies arrachées…

Gilles Servat décrit dans « L’hirondelle » un peu de ce décor, un peu de ce moment, quand il chante :

« Sur la campagne démembrée

Que le vent transit toute entière

En place des talus arrachés

Poussent les arbres des cimetières

Plantés tous noirs sur le pays 

Mon Beau pays à l’hiver soumis »

 

Les saisons de la mémoire sont comme les saisons de nos pays : de la semence au labour. Mais le cycle de la guerre commence par les moissons, puis vient le labour et le silence des hivers. Enfin le printemps où l’on sème, graines de mémoire sur les sillons abandonnés par les fracas et la désespérance.

En place de la vie des plaines et des bois, des collines et des vallées, les arbres des cimetières poussent. Un jour, les arbres couvrent le cimetière, mais ne le cachent pas, au contraire, ils le révèlent, ils le commémorent, au sens propre du terme. Ils soulignent son espace, ils appellent à y venir.

Les monuments aussi sont de ces pierres levées qui disent où la pensée doit se perdre dans d’autres temps, juste pour respirer.

Merci à vous tous d’être ici ensemble face à ce monument, face à cette pierre sculptée par l’homme et le temps, dans l’hommage et la sérénité. Nous sommes graines et pousses de mémoire, face aux monuments dans nos villages qui nous fascinent, dans leur immobilité, leur exigence de force et leur volonté d’être, simplement, aux carrefours de nos vies.

Chaque année, reviennent ces moments, qui rassemblent, qui élèvent et qui amènent à penser. Chaque année, reviennent les amis, les anciens, les nouveaux. La vie enfin qui réunit et ranime.

Chaque année, trop souvent aussi, des vides se creusent dans les rangs, laissant aux cadets le devoir de poursuivre.

Chaque année aussi, l’occasion de demander que la paix nous soit accordée, cette paix des armes que les hommes souhaitent mais qu’ils ont, encore aujourd’hui, tant de mal à préserver.

Ces temps sont difficiles, car parler de paix, c’est parler d’espoir et de progrès. Tant de mots aujourd’hui ne sont que des écumes explosées sur les récifs par l’eau de tempêtes lointaines. Ils miroitent et se brisent en mille éclairs blancs. Que reste-t-il des mots, le souvenir d’une eau qui au large se soulève ?

Les Bretons et les Normands, dont nombreux sont les pères inhumés dans nos cimetières militaires et ou inscrits sur nos monuments, ont l’habitude de ces marées et de cette force soudaine, de ces vents, de ces ressacs sur les brisants. Pour s’en protéger, il faut se choisir un port, il faut qu’une eau calme nous accueille, qu’une falaise protège, qu’une digue referme.

Le temps est bizarre, Chers Amis, en ces moments troublés, d’humanitaire et de combats, de terreurs et d’obscurité. Les nuages sombres de l’horizon nous parviennent, et des coups de vent soudains blessent nos maisons, emportent des êtres qui n’ont pourtant pas voulu quitter le port, qui n’ont pas choisi d’aller vers la tempête.

Soyons donc dans l’espérance de ports qui soient préservés et de digues solides et larges. Le port ferme l’espace, mais il permet l’entrée de bateaux, leur départ, leur retour. Une simple image, pour dire qu’il faut penser à se protéger derrière une digue, mais que l’avenir et la raison d’être du port est de permettre aux bateaux d’entrer et de sortir pour faire vivre les quais. Un port qui s’ensable, se ferme, est un port qui meurt.

Malgré les tempêtes restons donc des havres de paix, éclairons l’horizon dans la nuit par nos phares et gagnons sans cesse la bataille des hivers venteux.

Nos monuments aux Morts, nos monuments de la mémoire sont de ces phares sur les plaines préservées aujourd’hui des tempêtes d’hier. Ensemble, dans nos pensées, réunis aujourd’hui, soyons forts, imaginons la brise qui porte, l’eau tranquille et le bateau rentrant au port. Imaginons les champs riches de moissons d’or et oublieux du sang versé. Imaginons nos rues dans la lumière d’été, le sourire et la brume qui accueillent et non qui dissimulent.

Pensons vrais, pensons droits, pensons humainement, pensons bonheur. Notre pensée est notre seule véritable armure et si nous laissons la peur et la colère la traverser, alors nous deviendrons nous-mêmes cette tempête qui détruit les récoltes et moissonne les vies.

Souvenons donc, aujourd’hui mais pas seulement, des vies moissonnées à cause de colères froides et mécaniques, ces vies dont il ne reste qu’un nom et un itinéraire au hasard des batailles. Faisons de nos pensées des pierres du souvenir, et de nos arbres des phares sur la grève pour signaler un port où reposent ceux que la tempête a arraché à notre amour, à notre amitié, à notre respect.

Yann Kemener a intitulé son spectacle, présenté lors des commémorations de 2014 au théâtre des Cornouailles, « Gouelit ma daoulagad », ce qui veut dire « Nous irons pleurer sur vos ombres ».

Vos ombres... Plus que votre absence, plus que le vide, une sorte de replis de l'âme, qui nous dit que nous sommes un peu plus seuls. C’est une manière de rappeler que d’abord la perte d’un proche au combat est une douleur, avant de devenir un exemple et un appel à la paix. Il cite en intitulé de son livre, Charles RICHET, qui écrivit dès 1919 dans « L’Homme stupide » :

« ce ne sont pas les morts et les ruines qui me font dire que la guerre est la grande infâme, car les nouveaux nés remplacent les morts, les ruines se restaurent, les moissons renaissent, mais il est une réalité sinistre que rien, dans l’éternité des temps, ne pourra effacer : c’est la douleur… une prodigieuse et universelle douleur ».

 

Alors pensons à construire un monde où l’on se souvient de la douleur pour ne pas la subir encore. Pensons avec nos jeunes, nos anciens, tous ceux qui œuvrent aujourd’hui à la beauté du temps, et soyons les ports où les bateaux reviennent, des digues où les tempêtes se brisent et épargnent les vies.

Au nom du Comité Royal du Souvenir, je tiens encore à vous remercier, vous tous, pour votre aide, votre présence et votre cordialité, qui permettent chaque année que ce moment soit unique et beau.

Merci de votre bonne attention.

Daniel TILMANT

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Date de création : 20/03/2017 @ 17:45
Dernière modification : 21/03/2017 @ 08:13
Catégorie : Hommages 2016

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