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Hommages 2014 - Dans la Presse

Extrait

du journal « L’Avenir »

page couverture et page 1 du samedi 23 août 2014

_______________________

Texte intégral.

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FOSSES-LA-VILLE, AISEAU-PRESLES ET SAMBREVILLE

Bataille de la Sambre, 100 ans après : se souvenir pour entretenir l’espoir

 

La jeunesse et l’espoir ont été mis en avant-hier, pour les premières commémorations de la bataille de la Sambre en 1914.

·       Samuël SINTE

Ce mois d’août 14-là, la Sambre avait la couleur du sang. Deux armées, 800 000 hommes, s’affrontaient. 7500 soldats français et plus de 5 000 allemands mouraient lors des combats. Des civils par centaines étaient massacrés, pris en otage, fusillés. Des villages brûlés.

Hier, 21 août 2014, cent ans plus tard jour pour jour, débutaient les commémorations de cette bataille de la Sambre. Sous un ciel qui avait eu le mauvais goût de prendre sa triste mine de circonstance, son gris des plus sinistres. Il a versé quelques larmes de pluie, mais il a laissé l’émotion et le souvenir s’exprimer sans gâcher l’événement. Parce que, paradoxalement, le ton des hommages rendus hier était autant celui de l’espoir que du recueillement.

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Les enfants ont pris la parole entre les politiques et les militaires pour donner leur message. Un message pour se révolter, pour espérer et pour sourire.

Ces hommages ont démarré au cimetière de la Belle-Motte, à la frontière entre Aiseau-Presles et Fosses-la-Ville, où sont enterrés plus de 4 000 soldats français morts lors sur les bords de la Sambre. Là, tout comme juste après au cimetière dit du phare breton à Auvelais (qui regroupe quelque 400 tombes), les discours et les gestes posés ont mis la jeunesse au centre des préoccupations. À côté des officiels, politiques et militaires, devant plusieurs centaines de personnes, on a aussi voulu laisser la parole aux jeunes. Ceux du conseil communal des enfants de Sambreville ont lu, en français, mais aussi en anglais, en néerlandais et en allemand, des phrases sur le thème de la guerre. Des phrases choisies par eux pour faire réfléchir, pour faire se révolter, ou pour faire sourire: «La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires» a ainsi osé un petit gamin-Clemenceau, entre une fanfare en uniforme, des treillis armés de mitraillettes toutes baïonnettes dehors et un officier en tenue d’apparat. Mais on a vu, sous le béret, le clin d’œil au gamin, et le gant tout blanc qui a frotté, complice, la tignasse du petit. «Pour parler de la guerre, il n’y a que des larmes» a cité un autre enfant. Pour illustrer la paix et l’espoir, il n’y a pas toujours besoin de mots non plus. Dans cette petite scène-là, tout était dit.

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Le ciel a laissé tomber quelques gouttes, mais il a laissé les quelques 300 personnes à Belle-Motte et au phare Breton se recueillir avec au cœur l’espoir de jours moins sombres.

 

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Pol Hennin, 15 ans, porte-drapeau du comité du Souvenir de Le Roux. Au milieu des anciens combattants, un bien jeune porte-drapeau sort du lot. Pol Hennin, 15 ans : «  mon grand-père est président du comité du Souvenir de Le Roux. Je le remplace au drapeau. Je suis passionné par l’histoire des deux guerres mondiales. Je visite les musées avec, je lis beaucoup. Là-dessus. Lui a commencé à s’intéresser à cela parce que son parrain a été prisonnier en Allemagne à la seconde mondiale ». Le devoir de mémoire n’est pas prêt d’arrêter son cours...

ILS L’ONT DIT :

Patrick Fers, représentant du consul général de France à Bruxelles : « Il ne faut pas minimiser ces horreurs de la guerre, mais nous devons aussi garder en mémoire que nous que nous construisons l’avenir avec l’Europe ».

Jean Fersini, bourgmestre d’Aiseau-Presles : « L’indépendantisme, le nationalisme, le repli sur soi gangrène notre société. Mais, j’ai foi en l’Europe... ».

Jean-Charles Luperto, bourgmestre de Sambreville : « En dehors de la paix, il n’y a pas de salut. En dehors de la paix, il n’y a pas d’humanité ».

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Au cimetière militaire de la Belle-Motte, Sa Majesté le Roi Philippe était représenté par son Aide de Camp, le Général Philippe Grosdent qui a déposé la couronne royale au pied de l'Ogive.

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Extrait

du journal « L’Avenir »

page couverture et pages 3 et 4 du lundi 25 août 2014

_______________________

Texte intégral.

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À la Belle-Motte, une bataille perdue : le général était romantique

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Le rouge garance, celui du sang, celui aussi du jusqu’au-boutisme. Mais les français devront reculer.

·       Pierre WIAME

À Roselies puis sur la colline de la Belle-Motte, la bataille de la Sambre connaît trois jours meurtriers. Reconstitution.

Nous sommes sur la colline de la Belle-Motte. Et il s’agit de se convaincre que nous sommes le 22 août 1914. Le scénario ne relève pas de la fiction, le script de la reconstitution offerte hier au public est charpenté par la vérité historique. A quelques pas des tombes du cimetière militaire, là où sont enterrés 4.057 Français, se rejouaient hier les combats meurtriers qui marqueront la région d’une tache sanglante.

Ici, les Allemands affrontent les troupes françaises, montées dans l’urgence de leurs terres pour contrer l’invasion. L’enjeu est simple dans son objectif: recontrôler les ponts sur la Sambre par lesquels l’Allemagne à pu prolonger son avance en territoire ennemi.

Le problème sera celui… du commandement en charge. « Les officiers militaires français sont très romantiques dans leur approche de la bataille», explique François-Xavier Jordens, administrateur de l’ASBL Centenaire 14-18 en Val-de-Sambre. Romantiques? «Le général Charles Lanrezac, à la tête de la 5e armée française dont il a eu la promotion grâce au généralissime Joffre, a des idées préconçues sur l’art militaire. Notamment dans la communication. Pour lui, le téléphone est trop vil et peu fonctionnel, et l’homme fonctionne encore avec des messagers. Les Allemands, eux, ont déjà compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer de cette technologie récente. Ils gagnent en vitesse.» Les officiers s’en tiennent au manuel depuis la guerre contre les Prussiens. On n’hésite pas à envoyer à la boucherie des hommes, baïonnette au canon.

S’ajoute à cela un autre déséquilibre: « Les Allemands étaient déjà dans le rythme, mais les Français avaient fait une marche forcée d’une centaine de kilomètres pour arriver jusqu’à Fosses, avec des uniformes peu confortables sous la chaleur, le barda et le matériel qui allait avec. La contre-offensive pour reprendre le pont se soldera par un échec. La fatigue sera fatale.»

Un pont trop loin

L’impréparation des armées françaises est d’autant plus flagrante que l’artillerie lourde est manquante. Ce sera la débâcle.

Ces Français tentent néanmoins l’impossible, avec le courage du patriotisme, dans une contre-offensive pour reprendre le pont. Ce sera… le pont trop loin. Un carnage.

Là où, hier à quelques minutes du début du spectacle, on pouvait goûter au silence sur le champ, il fallait s’imaginer les cris et râles des blessés, des mourants.

 

Août 1914 : le silence puis l’amer

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Beaucoup de Fossois verront pour la première fois un véhicule autotracté, en ce funeste mois d’août 1914.

«Laissez-nous conter». L’invitation est belle: les quelques centaines de personnes qui se sont rassemblées devant le cimetière militaire de Belle-Motte font silence.

Dans le champ devant eux, quelque 80 figurants vont refaire les gestes évoquant la résistance farouche mais vaine des soldats français face à la première armée allemande, bien décidée à percer entre Namur et Charleroi.

Deux chevaux de trait tirent une remorque paysanne. En cette fin août 1914, les fermes sont encore prospères. Les villages sereins. On prépare la moisson. Les champs seront finalement rasés par les obus. Les officiers français ont préféré prendre position sur la colline, plutôt que dans une vallée difficile à défendre, où les villages offrent tant d’abris à l’ennemi. Le cuir bouilli des casques à pointe répand son odeur dans les habitations.

Dans le champ, les bêtes laissent la place à la colère humaine. Pendant une heure, figurants vont conter, donc. Avec cette automitrailleuse française qui rappelle que certains habitants des hameaux virent une automobile pour la première fois quand les Français débarquèrent chez eux. Avec ces canons de 75 (jusqu’à 20 coups par minute!), peut-être moins puissants dans la longueur que l’artillerie allemande, mais qui feront de douloureuses saignées dans les lignes des hommes du Kaiser. Ou là, disent les enfants lorsque les explosions se multiplient sur la colline. Les adultes, eux gardent le silence. Tout cela n’est que reconstitution. Mais la mémoire est en route.

VITE DIT :

Le blanc. IIs ont le numéro blanc inscrit sur les bérets. Eux, ce sont les membres du 118e régiment de gardes territoriaux d’Avignon. Ces soldats fiers de l’être, ne seront pas frontalement confrontés à l’épreuve du feu comme les bérets à l’inscription rouge, ceux de l’infanterie. Ils se positionnent à Fosses en soutien logistique pour les troupes des combattants directs. L’énergie dépensée n’est pas anecdotique : il faut assurer l’intendance, vérifier le bon état des routes, gérer les stocks, qu’ils soient de nourriture ou de munitions.

Le rouge. Les mêmes gardes territoriaux ont la fierté de la couleur de leur pantalon. Le rouge est celui de la garance, cette plante tinctoriale si présente dans le Vaucluse et qui sera la marque visuelle de l’infanterie française.

Le blanc avec croix rouge. Une ambulance est présente sur le site du bivouac. Elle est (presque) d’époque. Avec châssis et un moteur Berthier, homologués comme tels. Du bel ouvrage.

Le rouge encore. La bataille de la Sambre sera meurtrière : le 22 août 1914 demeure le jour le plus sanglant de la première guerre pour l’armée française...  C.F.

 

14-18 : une reconstitution au son sinistre des Mauser et des Lebel

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Image symbolique d’une reconstitution... pacifique : des casques à pointe, et un enfant en couleur qui s’invite dans le cortège. Leçon d’histoire.

Samedi, 10h45. Devant le cimetière de la Belle-Motte, à Fosses, les 80 reconstituants ont planté les tentes, allumé les feux, placé le matériel lourd en position.

Reconstitution symbolique: au croisement des communes de Fosses, de Sambreville et d’Aiseau-Presles, le cimetière français (autrefois nécropole dédiée également aux Allemands), sera celui d’une bataille décisive, perdue par les alliés.

Sur le champ, battu par les vents et plombé par un ciel bas (à l’inverse de ce qui se passa historiquement le 22 août 1914, où le soleil fatigua lourdement les soldats français arrivés avec leur épais uniforme et leur matériel), c’est tout un bivouac qui s’est installé. Six groupes de reconstitution sont présents, chacun avec leur couleur, leur savoir-représenter. Au briefing initial, on parle français, allemand, anglais.

On ne triche pas avec l’authentique

Tout doit être authentique. Dans des sacs de toile éparpillés sur le champ, les reconstituants ont caché toute trace de modernité trop apparente: GSM et montres sont dérobés aux yeux du public). On vivra ici sous la tente, dans un froid déjà installé. Seule concession accordée au confort moderne: des douches chaudes attendent les figurants pour le soir ou le matin. On se permet une hygiène refusée de facto aux combattants de l’époque.

Discipline dans le combat

Les consignes sont également données aux soldats par procuration: pas question ici de chipoter avec la sécurité. Les armes amenées par chacun sont consignées. Si elles ne sont pas en ordre de tir, l’organisation a prévu du matériel de remplacement pour servir au mieux le fil d’un script soigneusement travaillé: 20 Mauser C96, ces pistolets semi-automatiques allemands développés à partir de la fin du 19e siècle, et 15 fusils Lebel. «Pour les tirs à blanc, on ne franchit pas la limite des 15 mètres , rappelle François-Xavier Jordens, organisateur. Je préfère qu’il y ait moins de spectacle, mais que tout se passe bien… » Du spectacle, il y en aura néanmoins.

En mouvement, dimanche après-midi (lire ci-contre), ou sur le bivouac, où canons de 75 et mitrailleuses d’époque redisent par leur seule présence d’acier qu’il y a cent ans, on ne jouait pas…

 

INTERVIEW : Jean-Louis Desbarts, reconstituant

« Les jeunes enfants, plus que les ados, ont envie de savoir... »

Jean-Louis Desbarts, votre accent plein de soleil ne trompe pas : vous n’êtes pas belge...

Nous venons de France, d’Althen-de Paluds, entre Avignon et Carpentras. Nous faisons partie de l’association Mémoire de Poilus qui a été créée en 2002. C’est ma fille et mon gendre qui en sont les piliers.

Vous n’avez pas directement connu la première guerre mondiale. Pourquoi avoir fait 9 heures de route tractant le matériel lourd, pour venir jusqu’à Fosses ?

C’est un devoir de mémoire. Certes vous avez raison, je n’ai pas été directement confronté à la guerre 14-18. Mais toutes nos familles l’ont été. Elles ont perdu des êtres chers. La reconstitution fait partie de cette pédagogie qui doit rappeler aux plus jeunes se qui s’est passé.

La pédagogie s’accompagne ici d’une reconstitution fidèle, dans les costumes comme dans le matériel, camion ou ambulance militarisée...

C’est l’authentique que nous recherchons. Dans ce que nous montrons, dans ce que nous expliquons également, l’association visite régulièrement des écoles pour raconter. Ce qui nous fait plaisir : les enfants plus que les ados  (malheureusement) ont envie de savoir. Ils entendent le message. C.F.

 

Extrait

du journal « L’Avenir »

page 6 du mardi 26 août 2014

Texte intégral.

FOSSES-LA-VILLE ET SAMBREVILLE guerre 14-18

Le 2 août, Lefeuvre avait quitté sa ferme

Près de 200 Bretons et Normands sont revenus raviver le souvenir des 6000 soldats français morts sur la Sambre. Morts pour la France.

·       Pierre WIAME

Jamais un week-end n'aura vu autant de drapeaux entre croisés, entendu retentir autant d'hymnes nationaux, français et belge. Au-delà de la symbolique de ces cérémonies, toutes émouvantes, toutes fraternelles, dédiées à la paix d'ici et d'ailleurs, partout dans le monde, ces commémorations liées au centenaire de la Bataille de la Sambre ont célébré l'amitié franco-belge. Entre les invitations graves et solennelles à se souvenir et à faire silence, ce furent des accolades tricolores, des poignées de mains chaleureuses et beaucoup de photographies du bonheur des retrouvailles entre pèlerins du Souvenir, Fossois, Sambrevillois, Normands du Havre, de Rouen, Bretons de Bédée ou encore de Guingamp et de Cherbourg. Les pixels ont capté des images de congratulations où l'on voit des élus en écharpe entourer des descendants de ces héros malgré eux, qui se trouvaient au mauvais endroit et au mauvais moment et dont les 20 ans, un peu plus ou un peu moins, ont été piétinés.

Sur les territoires de Sambreville et Fosses, il y a eu trois de ces cérémonies plus intimistes mais non moins profondes. Le samedi matin, à Arsimont, en hommage au lieutenant Henry Lemercier. Puis, à Tamines, au caporal Pierre Lefeuvre. Enfin, dimanche matin, à Le Roux, au sous-lieutenant Georges Cotelle. Trois héros qui, sans protester, et avec abnégation, se sont sacrifiés pour la liberté de leur pays.

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Dans un immense chatoiement, drapeaux belges et français, id à Tamines, ont ravivé la mémoire des héros de 1914

La guerre 14-18, par sa capacité à avoir condensé des détails insupportables en un très court temps, a marqué les esprits. Et elle continuera à le faire. Il est tout simplement impossible d'oublier. De pardonner oui, peut-être. D'ailleurs, en cette année du Centenaire, l’ambassadeur d'Allemagne, Eckart Cuntz, a posé un geste fort: il a exprimé officiellement une demande en pardon, pour tant d'actes cruels et inhumains.

Samedi, Joseph Thebaut, le maire de Bédée, village de Bretagne à l'ouest de Rennes, a rappelé que le caporal Pierre Lefeuvre, né le 28 février 1891, avait dû quitter la ferme familiale, au lieu-dit «la Vigne», pour partir à la guerre.

À Tamines, Lefeuvre, qui est un tireur d'élite, le meilleur de son bataillon, va couvrir la retraite de son régiment. Nous sommes le 21 août. Embusqué dans un fossé, il a mission de contenir la colonne allemande qui vient de franchir le pont de Tamines. Il tire. «On relèvera 250 douilles autour de lui et 58 cadavres ennemis». À bout de munition, il refusera de se rendre et sera mortellement blessé par un tir ennemi.

«Savait-il qu'en nous défendant, il se condamnait lui-même? interrogea le bourgmestre Luperto. Ici même, devant ce monument, il a accompli plus que son devoir… »A Bédée, la grande guerre reste incarnée par la figure de ce caporal et par son héroïsme.

La cérémonie s'est tenue en présence du petit-neveu de Pierre Lefeuvre, qui exploite toujours la ferme de la famille, au lieu-dit la Vigne. Là où, au soir du 1er août 1914, il y a cent ans, Pierre Lefeuvre apprit, par les cloches de l'église sonnant à la volée, sa mobilisation. La mairie de Bédée restera ouverte toute la nuit pour la réquisition des hommes. Et Pierre partit, par le train, avec 680 autres fils de Bédée, sans protester, sans enthousiasme non plus, par simple devoir. Et, le 21 août, il tombait à Tamines. Mort pour la France.

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Le petit-neveu du caporal héroïque, André Lefeuvre, est revenu à Tamines. Il exploite toujours la ferme d'où son aïeul est parti à la guerre, à Bédée.

 

INTERVIEW  Daniel TILMANT, président du souvenir

Une mémoire partagée et apaisée

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Le week-end qui s'achève a été le plus intense de cette année du Centenaire. Comment l'avez-vous vécu?

Dans la joie bien sûr, puisque tout s'est parfaitement déroulé. Nous avions deux stress: l'un de ne pas gérer la foule, l'autre d'avoir à déplorer un accident lors de la reconstitution. Finalement, tout a parfaitement fonctionné. Nous sommes certes fatigués mais heureux.

Qu'avaient de plus ces commémorations du centenaire par rapport à toutes les précédentes, 38 au total, que vous avez connues ?

Nous voulions une cérémonie internationale à la Belle-Motte et nous l'avons eue, avec un représentant du palais royal (son aide de camp), avec l'ambassadeur d'Allemagne et de Grande-Bretagne. Ces gens ont été touchés par notre invitation à partager la mémoire. Pas une mémoire faite de rancœur ou de haine mais une mémoire apaisée entre les peuples, sur fond de pardon.

Qu'est-ce qui vous a le plus touché?

Au nom de son peuple, l'ambassadeur d'Allemagne, le vendredi, avant la cérémonie à la Belle-Motte, a officiellement demandé pardon. Il l'a fait à travers le dévoilement d'une plaque de verre qui sera fixée à l'hôtel de ville. C'était émouvant de sincérité.

L'année du Centenaire s'est-elle achevée hier?

Non, il reste une exposition à Oret (Mettet), du 20 au 30 septembre, dédiée à la bataille de la Sambre. Toujours à Oret, nous clôturerons cette année exceptionnelle par une messe. Pourquoi à l'église d'Oret? Parce que c'est là que le Xe corps d'armée français a livré une dernière bataille avant de battre en retraite pour aller se reconstituer sur la Marne.

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Les descendants de George Cotelle, petits-neveux et arrière-petits-neveux Sur la croix, le casoar bleu tel que celui porté par l'officier pendant la bataille.

VITE DIT

La paix, ce flocon

Samedi matin, ce long week-end du Souvenir a commencé par une cérémonie religieuse en l'église Notre-Dame des Alloux, célébrée par l'évêque auxiliaire de Namur Pierre Woirin. Le feuillet de messe reprenait les noms et prénoms de 613 Taminois ayant été touchés par la tragédie de la fusillade. Que pouvons-nous faire pour la paix, nous, à notre échelle, pour perpétuer la paix? Monseigneur Woirin, s'appuyant sur un conte, l'a comparée à un flocon de neige:«C'est moins que rien, un flocon. Quand il y a déjà un million de flocons sur la branche d'un sapin, il ne se passe rien. Mais l'arrivée d'un millionième + 1 peut faire casser la branche. Morale de cela: il suffit de l'apport d'un petit rien, ou d'un seul homme, pour faire basculer le monde dans la paix ou dans la guerre… La construction de la paix importe donc à chacun d'entre nous car un seul homme peut faire la différence » a-t-il dit. L'évêque, en signe d'espérance, a aussi relaté cette scène fraternelle, une veille de Noël, sur le front de l'Yser, où Britanniques et Allemands décidèrent, comme par miracle, de chanter ensemble.

Les élus, eux, pour que la paix soit effective, ont appelé à une Europe forte et unie, ce qui n'est plus vraiment le cas.

Humilité et pardon

Au monument dédié à George Cotelle, à Le Roux, le bourgmestre de Bilderling a évoqué la présence aux cérémonies de l'ambassadeur d'Allemagne: «Il se disait triste, choqué. Il aurait pu dire, ce n'est pas nous, c'est nos ancêtres, à une autre époque. Mais il n'a rien dit de cela, il est resté humble et a juste dit «pardon».

 

Extrait

du journal « L’Avenir »

page 7 du samedi 30 août 2014

_______________________

Texte intégral.

Deux médaillés du Souvenir français

·       Pierre WIAME

Deux illustres Fossois ont été médaillés du Souvenir français, pour avoir contribué, par leur action, à la perpétuation de la mémoire. Émotion.

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En marge des commémorations du centenaire du début de la Grande Guerre, qui a mis la Basse-Sambre à feu et à sang, l’autorité communale a chaleureusement reçu au château Winson une importante délégation française. Des descendants lointains de ces pauvres gars flingués dans la fleur de l’âge mais davantage de passeurs de mémoire, soucieux de perpétuer le souvenir de leur sacrifice. Il y avait là des représentants de Cherbourg, Guingamp – les fameux Guingampais et non Guingampois – du Havre et de Saint-Malo, des localités régimentaires normandes et bretonnes d’où sont partis à la guerre, par régiments entiers, en août 1914, tant de fils et d’époux.

«Ce seront trois jours de commémorations, oui, mais surtout de retrouvailles» a déclaré, vendredi dernier, le bourgmestre de Bilderling. C’est un pèlerinage de plus, en hommage à ces Français tombés par milliers (plus de 2750 en un jour) lors de la bataille sur la Sambre.

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Deux personnalités ont été honorées par le Souvenir français, des mains du colonel Claude Michel, délégué au Souvenir français pour la Belgique. L’abbé Franz Genard, un presque centenaire.

Curé de Le Roux de 1951 à 1982, ce combattant des 18 jours de 1940 a beaucoup souffert du second conflit mondial. «Il n’a jamais manqué, pendant son ministère, de se rendre à la Belle-Motte pour y réciter une prière pour les morts et y bénir les tombes des soldats français» a déclaré le colonel.

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L’a également reçue Michel Dargent, mais à son domicile.

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Le bourgmestre de Bilderling, lui, a reçu la médaille du Centenaire, des mains du président de la Fédération nationale des combattants, Paul Huygens, pour sa promotion exemplaire du Centenaire.

Au nom des délégations françaises, le général Budet a déclaré: «L’oubli, c’est la ruse du Diable mais ici, le Diable a été vaincu. La mémoire est là, elle vit et elle se développe.» L’orateur a offert des cadeaux appropriés à ses hôtes: une boîte de biscuits – le pardon de saint Fiacre, ainsi qu’un ouvrage sur les phares bretons.

Fosses, elle, a remis un ouvrage dédié aux Arpenteurs de l’Entre-Sambre et Meuse, signé Pierre Arcq, ainsi que de la confiture Materne. Le représentant de Cherbourg, Jean-Claude Hamel, a salué le travail extraordinaire des passeurs de mémoire, élus et bénévoles du Souvenir.

Et plutôt que des parapluies, il a offert un livre sur la beauté du Cotentin. P.W.

 

 

 

 


Date de création : 29/03/2016 @ 14:23
Dernière modification : 31/03/2016 @ 18:24
Catégorie : Hommages 2014

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