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Hommages 2014 - Discours Monument franco-belge de Menonry

Discours du Centenaire 14-18

Monument franco-belge de Menonry à Aiseau-Presles - dimanche 24 août 2014

Monsieur Marcel DARGENT

Bourgmestre Honoraire d'Aiseau-Presles

et Président de l'ASBL Centenaire 14-18 en val de Sambre

Menonry_Marcel_Dargent.jpg

 

Mesdames Messieurs les Mandataires fédéraux, régionaux et locaux

Messieurs les Représentants des Associations Patriotiques et des Corps constitués,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Autorités Militaires,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Autorités consulaires,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis français, belges,

 

Ce lieu, carrefour entre Aiseau et Roselies, fut le théâtre, il y a un siècle, de combats acharnés, liés à ceux de Roselies et Pont de Loup.

Lorsque, après s’être retiré de la localité qu’il contrôlait, le 74ème d’infanterie qui tenait la boucle de la Sambre, veut à nouveau occuper Roselies, il se trouve face à un ennemi qui s’est fortifié et échoue dans sa mission. C’est en parallèle qu’agissent les 136ème et 25ème régiment d’infanterie en attaquant ici, venant d’Aiseau et de Presles, pour couper la route d’Auvelais. Dès 6h du matin le 22 août 1914, ils sont aux contacts des Allemands. L’artillerie allemande, placée sur les hauteurs de la rive gauche de la Sambre vient lourdement frapper les Français qui, attaquer et matraquer, doivent se retirer vers la Belle Motte. A 17h les troupes françaises ont dû se retirer, laissant, à Menonry, 109 tués ou disparus.

Repoussées par les troupes allemandes, les contrattaques coordonnées des Français se soldent par une retraite douloureuse vers Presles, puis Gerpinnes.

Nous connaissons la fin de l’histoire.

Témoignage de cette nouvelle forme de guerre, où la force de l’artillerie fait plier l’infanterie, héritière des guerres napoléoniennes, où le marteau des industriels casse le courage et la vaillance des fantassins, cet épisode trouve son écho dans les mois qui suivirent puisque les survivants, lorsqu’ils  rapporteront ces faits à leurs camarades de combat, diront qu’ils n’ont été vaincus à Charleroi que par les canons. Triste célébrité que celle d’être un lieu de défaite. Mais ce ne sera pas le seul. Les premières batailles menées en Belgique, celles de Charleroi, celle de Mons, celle de Gaume, seront une confirmation que cette guerre est d’abord celle de la technologie guerrière, de l’acier et des industriels. La Marne et Verdun, un peu plus tard, répéteront la leçon. C’est en acceptant cette révolution que les alliés pourront progressivement renverser la donne.

C’est en 1922 que le  Monument qui nous réunit aujourd’hui comme symbole de résistance et du courage des soldats, comme témoignage de la reconnaissance des habitants d’Aiseau et comme évocation des martyrs civils, a été inauguré.

Lorsqu’Emile BIERLAIRE, recevant le monument du comité en charge de la souscription et de la mise en œuvre du projet prend la parole, au nom de la Population et de l’Administration communale, il s’engage ce 20 août 1922 à le conserver avec le plus grand soin. Ce monument, qu’il décrit comme modeste et digne, comparable, dit il, à « la vie des héros qui se sont sacrifiés dans cette lutte âpre et sublime », reçoit ces « noms glorieux, gravés dans la pierre », noms qui, dit il encore, « apprendront à nos enfants les noms gravés dans nos cœurs ».

Devoir de mémoire, devoir de gratitude, devoir de respect, en effet : il conclut en disant que « de village en village, la voix du monument répète son enseignement. La grande voix nous crie : Passant, souviens toi que ceux dont le nom est gravé sur cette pierre ont été sacrifiés pour le Droit, la Justice et l’Honneur. » Son enseignement… une leçon à ne pas oublier !

C’est aussi ce que nous rappelait Monsieur COTELLE, père d’un lieutenant tombé à la Belle Mote, qui dira dans son intervention, citant d’abord Alfred de Musset : « L’oubli vient au cœur comme aux yeux le sommeil. Ah certes la génération actuelle n’oubliera pas (…) Mais plus tard… Cela il ne le faut pas, Messieurs. Aussi avez-vous gravé dans la pierre (pour qu’ils le soient) dans le souvenir des vivants, ces noms dont la commune est fière ».

Ce qui était important en 1922 l’est encore et peut être davantage aujourd’hui.

1922 :  il n’a fallu que 18 ans pour que les batailles recommencent, que les victimes se comptent par millions à nouveau. N’est-il pas effrayant que cela puisse se produire, pire encore se reproduire ? Et lorsque le monde actuel  nous offre le spectacle des divisions, des conflits, des exactions, comment ne pas craindre que ce message soit oublié ?

Un poilu, Louis FAURE, écrivit un poème sur ce thème à 102 ans. Au fil de ses strophes il ne dit pas autre chose et nous offre au-delà d’un hommage et d’une gratitude un réel mot d’ordre : 

« Ecoutons les accents de leurs voix d’outre-tombe

Nous dire, il ne faut pas que le pays retombe

Aux erreurs du passé, au langage des armes 

Qui sèment la douleur, la tristesse et les larmes ».

Nous tous, devenus passeurs de mémoires, soudain privés de ces vétérans porteurs d’une parole désormais perdue, tentons de préserver ces lieux, de les mettre en lumière, de donner au souvenir la force du symbole.

Ici plus qu’ailleurs, le poids des erreurs, dont le prix est le sacrifice et la souffrance, doit nous apparaître comme insoutenable. Face au souvenir de ceux qui ont tout donné, engageons-nous à préserver la trace de leurs vertus, comme le chante la Marseillaise. Non pour célébrer un quelconque bellicisme, mais pour, dans la sérénité et la solidité de la pierre, nous rappeler tous ceux qui ont été appelé à faire de leur corps un rempart à la fois si puissant et si dérisoire.

Ce centenaire est l’occasion de renouveler l’engagement du Bourgmestre de l’époque, l’occasion de rappeler aux plus jeunes cette leçon d’histoire, de la graver sur les chemins.

Je voudrais remercier tous ceux qui ce jour se joignent à nous, ceux qui ont œuvrer à rendre ces commémorations possibles et vous inviter au recueillement, face à ce monument, dédié finalement à ce que l’homme devrait garder le plus simplement et qu’il perd encore trop souvent, son humanité.

Je vous remercie de votre attention.

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Date de création : 31/08/2014 @ 10:13
Dernière modification : 25/09/2014 @ 11:35
Catégorie : Hommages 2014

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