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Hommages 1919 - Journée patriotique à Aiseau
Près de trois semaines après la première visite des anciens combattants accompagnés de la population de Le Roux en ce haut-lieu de la Mémoire au plateau de la Belle-Motte, s’est déroulée une journée patriotique le 21 septembre 1919 avec la participation de l’armée.
Un courrier daté du 14 septembre 1919, adressé par le Général Serot Almeras Latour, Attaché Militaire à l’Ambassade de France à Bruxelles, confirmait la décision du « Général Commandant la 1ère Région qu’une délégation composée d’un Officier, de deux Officiers subalternes et seize hommes de troupes sera envoyée à Aiseau le 21 septembre. »
 
Discours
prononcé par Monsieur Victor LETROY
Instituteur en chef retraité
_______________________
 
 
Mesdames, Messieurs,
 
C’était au mois d’août 1914. L’Allemagne venait de nous déclarer la guerre.
Soucieux et inquiets,, ignorant tout de ce qui se passait à Liège et dans le reste du pays, nous sentions de le vide l’isolement se faire peu à peu autour de nous, et nous vivions dans la pénible certitude de ce qui allait arriver : fatalement, nous devions être écrasés, anéantis par le formidable militarisme prussien.
 
Mais voilà que les généreux Français arrivent à notre secours et aussitôt, l’étreinte qui enlaçait nos cœurs depuis des jours et des jours se desserre, l’espoir renaît, nous reprenons notre air serein d’avant-guerre, car nous ne sommes plus seuls.
 
Ils nous arrivent ces soldats de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, ils nous arrivent plein d’un Saint enthousiasme, confiants dans la justesse de leur cause et animés du plus ardent ardent patriotisme. Ils vont combattre les nôtres, - là-bas déjà depuis des semaines, - pour la défense de l’honneur et du droit, pour nous préserver de l’affreux esclavage teuton.
 
Nous les appelions « les Pantalons Rouges » expression tout amicale, consacrée alors par l’usage, même en France.
 
Aujourd’hui, on les nomme les « Poilus » c’est-à-dire les durs au combat, les invincibles, les vainqueurs, les vengeurs.
 
Les 21 et 22 Août, les Allemands attaquent notre village ; ils y rencontrent une résistance sérieuse, vigoureuse.
 
A deux reprises, ils sont repoussés par un adversaire bien inférieur en nombre, mais de combien supérieur par la noblesse du cœur et par la loyauté.
 
Furieux d’avoir été arrêtés deux jours aux limites de notre localité, furieux surtout d’avoir perdu tant d’hommes dans le combat, les Allemands se vengent.
 
Le pillage et les incendies sont systématiquement organisés et les habitants chassés de leurs demeures.
 
Tout le long des routes, les soldats boches ramassent des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants et même des infirmes. Ces malheureux sont bousculés, injuriés, frappés, martyrisés et, finalement, retenus comme otages. Douze civils innocents sont lâchement, froidement assassinés.
 
Ici, c’est un enfant tué dans les bras de son père ; là c’est un jeune homme, relevant d’une longue et pénible maladie. Il brutalement entraîné par ses bourreaux qu’il supplie, en vain, de lui permettre d’embrasser une dernière fois sa tendre mère, laquelle assiste, impuissante et navrée, au douloureux martyre de son fils bien-aimé. Pauvre mère ! Par ses soins dévoués, ses longues et nombreuses nuits sans sommeil, elle venait d’arracher son fils à la mort, lui donnant ainsi une seconde fois la vie.
 
Devant une bale teutonne, son immense tendresse ne peut rien… et un crime monstrueux se perpétue.
 
Ailleurs, un vieillard à demi-paralysé est enfermé dans sa maison. Les misérables y mettent le feu et empêchent les voisins de porter secours à cet infortuné !...
 
En voyant notre mine consternée, ces infâmes chantent, hurlent, poussent des cris d’animaux sauvages et rient d’un rire stupidement féroce, sanguinaire.
 
Ah ! Monstres maudits ! Monstres vomis par l’enfer ! Quel sera donc votre châtiment !
 
Nous nous inclinons devant ces humbles victimes de la barbarie, nous évoquons leurs ombres sacrées et leur disons : « Vous avez souffert, vous avez vu venir la mort avec toute ces horreurs, mais vous avez offert votre vie pour la cause sacrée de la Patrie. »
 
Disons-leur toute notre sympathie, tout notre respect, toute notre vénération pour la grandeur de leur sacrifice, et jurons de conserver à jamais leur pieux souvenir.
 
Nous leur devons un culte particulier, un culte qui perpétuera leur souvenir, leur mémoire jusqu’aux générations les plus lointaines, car ils sont morts d’une mort peu commune ; ils ont tout donné pour la Patrie.
 
En votre nom, je m’incline profondément et respectueusement devant ce monument et, j’offre à nos héros un témoignage ému d’admiration, de reconnaissance, de gratitude.
 
Qu’il me soit permis, Mesdames et Messieurs, d’exprimer ici un vœu qui, sans aucun doute, deviendra le vôtre.
 
Lors de la restauration de la Maison Communale, que deux plaques, portant profondément burinés dans le marbre les noms des civils et des militaires d’Aiseau, tombés pendant ces années terribles, soient encastrées dans les murs, à bon endroit, car ces noms ne peuvent être oubliés.
 
Les oublier, ce serait un crime, ce serait abdiquer et renier le nom sacré de Belge ; ce nom, synonyme de toutes les vertus civiques et morales ;ce nom, honoré et respecté dans le monde entier, et que le sang généreux de ces nobles martyrs vient sanctifier à jamais !
 
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Aux glorieux survivants, - revenus plus ou moins indemnes de l’épouvantable cataclysme, je ne dirai qu’un mot : « Vous avez fait votre devoir. C’est bien ! »
 
Après votre génial retraite d’Anvers, arrivés sur les bords de l’Yser que vous avez immortalisée par votre courage indompté, vous avez fait face à l’ennemi, vingt fois, cinquante fois supérieur en nombre et, d’une voix puissante vous lui avez criez : «  Halte-là ! on ne passe pas ; vous n’irez pas plus loin ! » Et durant 42 mois, vous avez monté la garde dans les marais et les boues de ce petit fleuve, bravant sans cesse les intempéries des saisons et les rafales de la mitraille ennemie.
 
Cependant, les hordes allemandes s’accumulent, de nouvelles masses grises arrivent constamment ; - on dirait qu’il en pleut, de ces boches !... et nos vaillants défenseurs, débordés de toutes parts, sont obligés de se replier ; - non sans avoir infligé à l’ennemi des pertes considérables.
 
Malheureusement, les Français avaient laissé sur le champ de bataille 700 des leurs, 700 braves, tombés sur une terre étrangère, mais pourtant amie.
 
Nobles fils de la France, soldats chevaleresques de la plus chevaleresque des nations, soyez bénis pour l’aide propice que vous nous avez apportée.
 
Héros du devoir et de la Patrie, votre généreux sang n’a pas coulé en vain, car votre sublime résistance a contribué à préparer et à gagner la première bataille de la Marne.
 
Le 25 février 1915, devant Verdun, deux mille canons lourds ennemis anéantissaient la position française. Au moment de l’attaque allemande, un de vos officiers, voyant tous les hommes morts autour de lui, se leva, sabre en main, s’écriant héroïquement : « Debout, les morts ! ».
 
Aujourd’hui, nous aussi nous crions : « Debout, les morts français ; debout, soldats incomparables non plus pour combattre un ennemi ivre de sang et de carnage, mais bien pour assister à votre apothéose, pour voir combien nous vous aimons, combien nous vous respectons et comment nous vous honorons !
 
Oui, honneur et gloire à vous, vaillants soldats de France, vous qui avez fait si simplement le sacrifice de votre vie pour le Pays et pour l’Humanité !
 
Reposez en paix au milieu de nous et soyez convaincus que nous n’oublierons jamais les sentiments de sincère reconnaissance et de sainte amitié que nous exprimons aujourd’hui.
 
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Soyez consolés, l’ennemi est vaincu, la paix est venue et les criminels seront châtiés, car de telles atrocités ne peuvent rester impunies.
 
Quant à votre Souvenir, il est gravé dans nos cœurs et nous transmettons vos noms à nos descendants.
 
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Reportons-nous pour un instant, au 4 août 1914. Le Roi, s’adressant à la nation, disait : « Jamais, depuis 1830, heure plus grave n’a sonné pour la Belgique, l’intégrité du territoire est menacée !... »
« Partout, en Flandre et en Wallonie, dans les villes et dans les campagnes, un seul sentiment étreint les cœurs : le patriotisme ; un seul devoir s’impose à nos volontés : la résistance opiniâtre. »
 
Les nobles paroles, du plus noble des rois, ont été entendues. Soudain, les coups pressés et redoublés du tocsin éclatent annonçant la mobilisation ; les couleurs du drapeau national flottent partout ; l’enthousiasme est à son comble ; la Patrie tout entière se dresse fièrement pour courir aux frontières, car déjà l’ennemi, devançant la déclaration de guerre, a traîtreusement, perfidement violé notre territoire.
 
Soldats de Liège, de Namur, d’Anvers, de l’Yser et de cent autres lieux, vous vous êtes couverts de lauriers par vos grandioses exploits.
 
Mais la gloire militaire s’achète au prix du sang et nombre d’entre vous, hélas ! ne sont pas revenus !
 
Aiseau a payé son large tribut à la guerre mondiale ; quinze de ses enfants sont tombés au champ d’honneur !
 
La pensée de leur mort plane sur toute cette assemblée ; chacun de nous veut les honorer, les glorifier. C’est dans ce but, d’ailleurs, que nous sommes réunis au pied de ce cénotaphe, qui symbolise les tombes de nos braves, de ceux qui sont morts pour nous, pour nos libertés, pour la civilisation.
 
Vos exemples de patriotisme porteront de doux fruits, et ce sera votre plus belle, votre plus noble récompense ; car vos enfants, vos petits-enfants s’inspireront de vos vertus civiques et si un jour l’ennemi menaçait encore notre pays, nous les verrions courir tous aux frontières, criant d’une voix vibrante : « Halte-là ! Vous n’entrerez pas ! ».

Date de création : 18/01/2011 @ 19:50
Dernière modification : 02/03/2011 @ 11:54
Catégorie : Hommages 1919

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